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  • Je suis venue te dire...

  • Fer rouge

     

    Un jour vous vous retrouvez prisonnier d’un bien redoutable geôlier

    Chaque matin il vous applique son fer rouge sur la peau, comme ça, sans que vous sachiez pourquoi !

    Vous souffrez atrocement. Il n’y a pas de mots, il n’y a qu’une douleur sans fond.

    Les heures passent mais la brulure continue à irradier votre être.

    Tout en vous s’active pour détourner vos sensations de cette douleur. Parfois, l’espace d’un instant il vous semble oublier….

    Le soir arrive.

    La nuit fait peur, le lendemain aussi.

    Vous n’arrivez pas à trouver le sommeil et portez votre corps à sa limite d’épuisement.

    Là, pendant quelques minutes, si aracée, si vidée, les sensations douloureuses commencent à se faire sourde. Et c’est bon. Juste quelques minutes à se délecter de ce si grand bonheur que de plus, ou presque plus ressentir la douleur.

    La nuit est longue et agitée.

    Le jour se lève.

    Vous n’avez pas le temps de vous réveiller vraiment, que votre geôlier vient encore de vous bruler. Aussi atroce que la veille, ce fer rouge vous arrache la peau et vous irradie de souffrance.

    Vous vous sentez incapable de bouger. Vous vous tordez.

    Le temps semble long, très long, et passe…

    Dans un sursaut de … en faite vous ne savez pas de quoi, vous arriver à vous extirper de cette couche ou votre sang se répand.

    Vous avez peur !

    Vous ne savez pas pourquoi

    Vous vous sentez fragile, douloureusement fragile, à vif et aimera vous réfugier…. Où ? Vous ne le savez pas !

    La journée passe.

    Parfois on vous tend une pommade que vous appliquez sur vos plaies.

    Parfois elle vous soulage, un peu, parfois, pas.

    Vous luttez de toutes vos forces pour vivre en oubliant ce qui continue de bruler en vous.

    Le soir retombe, le jour se relève… et rien ne change !

    Le fer rouge est toujours là !

    Vous espérez.

    Avec le temps, en serrant les dents, en s’accrochant il finira par partir….

    Mais chaque jour est le même que le précédent !

    L’angoisse, la douleur sont toujours là !

    Comment ne pas avoir peur, chaque matin en vous levant !

    De cette vie si douloureuse, si misérable où personne ne peut vous protéger….

    Un an passe !

    Certains jours le fer rouge a été plus chaud que d’autres.

    Certains jours, le fer rouge a été plus long que d’autres.

    Mais il est toujours là !

    Et puis, par un bel après-midi, il vous semble voir quelqu’un au loin.

    Cette personne s’approche, vous parle…

    Vos yeux incrédules n’osent croire…

    Elle vient vous délivrer ?

    Le fer rouge va enfin cesser ?

    Votre corps se rempli de joie !

    Ho comme c’est doux la joie !

    Vous qui aviez appris, pour moins souffrir à éradiquer tout en vous.

    Vous qui ne viviez que de la douleur et ne connaissiez que la brulure mais plus la chaleur….

    Par magie la brulure disparait. Vous pleurez de joie. Vous vous sentez enfin vivante. Vos sens reviennent à la vie.

    Vous êtes libéré !!

    Ça y est vous êtes libéré !

    La peur, la douleur, tout s’écroule

    Quelle libération, quel bonheur, enfin ! Vous l’aviez tant espéré !

     

    Mais d’un seul coup, tout change !

    Vous ne comprenez pas !

    Elle n’était pas venue vous libérer

    Et elle s’en va !

    Vous vous êtes trompé !

    La douleur, la peur s’abat comme une chape de plomb !

    Seulement là vous criez !

    Vous ne voulez plus du fer rouge !

    Plus, plus, plus jamais !

    Votre corps refuse !

    Votre corps dit non, c’est fini !

    Trop mal, trop longtemps

    On ne me tortura plus !

    Votre corps a cessé de lutter !

    Si vivre veut dire vivre bruler chaque jour au faire rouge….

    Votre corps s’en fou de demain

    Votre corps dit stop

    Sa limite du supportable a été atteinte…..

     

     

    Combien de temps et combien d’entre-nous supporteraient d’être torturé chaque jour ?

    La douleur amène l’angoisse, le vide, le chaos, le déchirement de soi, la destruction. Elle use la conscience, elle use tout ! Et tous avons nos limite. Limite humaine à ce qui est supportable. Nul courage, nul lâcheté. Juste une limite a ce pour quoi l’homme n’est pas fait : souffrir !