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  • Bilan

     

     

    Je crois que jamais une personne ne m’aura autant déstabilisé et fait perdre tous mes reperds, et ce dès le début !

    J’ai, par tous les moyens chercher « solution » et « équilibre » à cette situation où tout semblait s’effondrer sous mes pieds, mais en vain.

    Je suis passée par plusieurs stratégies d’adaptation, plusieurs paliers et plusieurs états émotionnels.

     

    Cela a été extrêmement pénible, perturbant mais également enrichissant et constructif.

    Tout ce que j’étais, pensais, était dégommé et demandait un regard neuf, autre et une reconstruction de mes certitudes et appuies de vie.

    Toutefois, poussé à l’extrême et surtout dans le temps la folie n’est pas loin…

    En effet, l’être humain confiant, tranquille et serein que je suis à fini par être perdu dans ce vaste chantier sans fin où tout ce qui est construit la veille est détruit le lendemain, où plus aucun reperd où se poser, où se conforter existe.

    Ce chantier-là aura été le plus grand en si peu de temps de ma vie !

    Mais aussi le plus douloureux….

    Douloureux à 2 titres.

    Tout d’abord, casser tout, tout perdre pour tout reconstruire, tout refaire, fait mal ! Cela jette violemment, sans fillet dans un univers inconnu, où tout est à apprendre et où l’on est totalement démunie, tel l’enfant qui vient de naitre.

    Mais également, se voir ainsi, perdu, pleurant de douleur, ne sachant plus quoi penser, quoi être, cela fait doublement mal ! On y perd l’estime de soi !

    Et au bout d’un certain temps l’engrenage s’enclenche.

    On est si mal, si perdu que nos réactions deviennent incontrôlées sous l’impulsion de la douleur. Et on ne se reconnait plus dans cet être agité et torturé bien loin du calme et de l’équilibre d'antan ! Alors cette douleur de l’image de soi accélère encore un peu plus le pas du tourbillon de pensée dans lequel on sombre tout autant que l’on se reconstruit indéfiniment….

    On s’épuise, on se perd, les vieux démons refont surface…..

    Et on fini par ne plus rien comprendre, ne plus rien savoir.

    Pire on cherche, chez cet autre qui a impulsé sans le vouloir, sans le savoir, tous ces changements et vous a noyé dans l’incompréhension. Mais cet autre, ne sait pas lui-même et ne comprend pas votre demande, voir la rejette…. Il ne vous comprend pas plus qu’il ne comprend que son attitude explose de paradoxes, de contradictions qui vous perdent au milieu d’un vaste chantier sans nom.

    Votre douleur, vos maux de l’esprit ne lui sont pas tolérable, gérable, et dans le rejet qu’il manifeste à cet égard il appuie un peu plus douloureusement là où votre souffrance et votre trouble s’exprime…

    Plus vous crier de souffrance en cherchant un écho, un reperd au milieu de ce nulle part, plus il s’éloigne de vous…. qui criez et vous agitez un peu plus fort pour qu’il se retourne, vous regarde, vous tende la main…

    L’engrenage devient un typhon qui s’agrandi et absorbe tout.

    A la fin il ne reste plus rien !

    Il ne reste que vous au milieu du néant, à tout reconstruire dans la sueur et le sang, à crier encore car parfois il vous semble apercevoir cet autre… quand il s’approche, vos bras s’agitent et lui font peur, mal… alors il repart de nouveau vous replongeant dans votre désespoir devenu un peu plus grand !

     

    Cet autre est beau de bien des façons et c’est bien malgré-lui qui génère le trouble, l’incompréhension aux être un peu trop « sensitifs » peut-être.

    Mais c’est également bien malgré-lui, sans doute, qu’il fuit face au tremblement de terre que son battement d’ailles à provoqué. Il vous fuit autant qu’il vous en veut de lui ramener ce qui vient d’être dévasté !

     

    Aujourd’hui, je me sens le résultat d’un cataclysme utile, que j’ai accepté mais que je n’ai pas impulsé. Résultat seul, abandonné. Frankenstein qui fait fuir son créateur.

     

  • Elle rode…

     

     

    Je viens de me rendre compte que quelque soit le désespoir et la douleur qui pénètre à l’intérieur de soi, quand on a encore envie d’écrire c’est que subsiste une flamme de vie.

    Personnellement combien de fois j’ai écris en pleurant, dans le désespoir le plus profond avec « no futur » devant les yeux, et pourtant… quelque chose m’animait et se débattait au fond moi.

    Aujourd’hui, je n’ai plus envie d’écrire, je n’ai plus envie de ….

    Mais je me force. Pourquoi pas !? Peut-être cela sera-t-il salutaire ???

     

     

    Donc voilà, j’ai déjà envie d’arrêter alors que je n’ai pas commencé.

    Tous les mots qui sont dans ma tête refusent de s’éclairer pour noircir ces quelques lignes.

     

    Je suis fatiguée….

    Je suis fatiguée….

    Je suis fatiguée….

     

     

    Il y a 6 mois de cela, début juin 2008, la boite de Pandore fut ouverte…

    A l’image de l’Iliade, cette boite (qui était une jarre) était au nombre de deux.

    L’une contenant le bien et l’autre le mal.

     

    Le mal que j’en ai ressenti était tel, que j’ai surtout concentré toute mon énergie sur toutes les belles choses qui m’arrivaient.

    Le mal cesserait grâce au bien… !

    Jours après jours, j’ai serré les dents, je me suis accrochée bec et ongles, dans l’attente de jours meilleurs et dans le contentement de tout ce que la boite m’avait apportée !

     

    Mais le jour où pandore ouvrit ses 2 jarres, ce fut une explosion qui m’atteint plein cœur !

    Le cataclysme était tel qu’à chaque battement c’est tout mon corps qui raisonnait.

    La première nuit, j’ai compté les minutes au rythme de ce cœur qui faisait mal, tellement mal et qui m’arrachait la poitrine.

    J’ai attendu.

    J’ai attendu 2 heures allongée dans le noir !

    Puis je me suis relevée.

    J’ai pris un anxiolytique pensant que cela suffirait.

    Mais mon cœur a continué à frapper fort à en faire mal et j’ai continué toute la nuit à l’écouter, à le sentir, allongée à coté de l’être aimé qui ne l’était plus….

    Lui dormait.

    J’ai repris un anxiolytique dans la nuit, et le matin aussi.

    Cela a légèrement diminué la violence de mon cœur.

    Les jours qui ont suivie n’ont pas changé.

    Je me suis tordue de douleur dans tous les sens. J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai prié, je me suis parlé…..

    Mais j’avais mal, tellement mal….

    Je me disais :  « cela va passer ».

    J’ai concentré toute mon énergie sur le changement que je devais opérer dans ma vie.

    Et tout c’est mis en place, paradoxalement, assez facilement.

    Je n’ai pas désempli d’émerveillement face aux victoires sur la vie et sur moi-même que chaque jour j’accomplissais.

     

    Et puis un après-midi de juillet, alors que j’étais tranquillement assise sur le canapé chez ma mère, j’ai pris son tensiomètre pour poignet (Omron) pour l’essayer…

    Tension : plus de 17

    Pouls : 120

    Là j’ai été scotchée !

    Moi qui n’ai jamais dépassé le 12,8 et suis sujette à l’hypotension !

    Moi qui ai un cœur qui bat toujours lentement, autour de 60 en moyenne !

    Et j’ai réalisé que mon cœur avait vraiment mal !

    J’ai récupéré le tensiomètre et m’en suis servie tous les jours, plusieurs fois par jour.

    Même verdict !

    Mon cœur chaque jour s’emballait !

    J’ai même compris, pourquoi certaine fois, d’un coup sans raison apparente un voile noire tombait autour de moi rendant toutes les couleurs grises, tandis que mon corps s’alourdissait soudain si fort que je n’arrivais même plus à tenir assise.

    Je mettais cela sur le compte de la fatigue….

    Seulement, là cette fois, j’ai pris le tensiomètre :

    Tension : 19 :8

    Pouls : 130

    Et j’ai compris !

    Non ce n’était pas de la fatigue !

    J’ai fini, poussée je l’avoue par une amie, par aller chez le médecin.

    Verdict : vous devez aller voir un cardiologue pour votre hypertension, arythmie et tachycardie

    Ha ? Ok !

     

    Mais en faite non !

    Pourquoi non ? Pourquoi je n’y suis pas allée, pourquoi je n’ai pas eu envie d’y aller !?

    Car j’étais en colère !

    En colère de ce qui m’arrivait !

    Et cela faisait déjà un mois que je supportais cette torture permanente !

    Car il n’y a rien de pire que d’avoir mal à son cœur !

    J’aurais préféré mille fois l’une de mes migraines à me taper la tête contre les murs ! Car là, je n’avais QUE mal !

    Seulement quand il s’agit du cœur, il ne s’agit pas que de douleur au sens le plus strict du terme !

    Non tout est affecté ! L’organe comme sa capacité à vibrer, à ressentir !

    C’est tout l’être qui souffre. Tout s’entremêle, se mélange, se croise, se rejoint !

    Tout ce qui vous fait homme pensant et ressentant souffre comme ce muscle qui oppresse  votre poitrine.

    Les sensations sont étranges.

    Indescriptibles.

    Ainsi par exemple, une drôle de sensation d’angoisse permanente se colle à votre cœur et pourtant… cela n’ai pas exactement de l’angoisse et cela disparait quand le cœur se calme.

     

    J’étais donc en colère contre moi, contre lui !

    Et là j’ai pensé du plus profond de mon être : soit tu crèves, soit tu guéris mais je ne t’aiderais pas !

    Pire, une partie de moi à même été réjouie….

    Réjouie à l’idée que mon cœur s’arrête et que tout s’arrêterait également avec…

    Cela m’a surpris de ressentir cette pulsion de mort !

    Sur le moment je n’ai pas voulu y croire !

    Et puis c’est resté, jours après jours j’ai senti en moi cette envie d’en finir roder !

    Et là j’ai compris !

    Elle était revenue !!

    Je la connaissais bien pour l’avoir pratiqué aux plus sombres de mes jeunes années.

    Elle s’est invitée, un jour chez moi, à l’aube de mes 14 ans et ne m’a pas quitté toute l’année. Puis elle s’est faite plus rare… mais au fond de moi je me disais qu’elle reviendrait toujours !

    Mais les années ont passé, et j’ai fini par croire qu’elle était belle et bien partie pour toujours.

    Cela faisait plus de 12 ans que je n’avais plus de nouvelle d’elle.

    Je la pensais disparue à jamais…..

     

    Aujourd’hui, elle rode chaque jour autour de moi.

    Je ne suis pas dupe, je la connais par cœur, je sais quels sont ses arguments, ses attraits.

    Je sais à quel point elle est redoutable…

    Je sais que je ne veux pas d’elle dans ma vie mais que lorsqu’elle y est je suis en position de faiblesse.

    Je sais aussi que ma vie tient à fil parfois... Qu’un seul mot, une seule attitude d’une personne peu tout faire basculer !

    Je sais aussi que lorsque tout bascule on est surpris !

    C’est comme le cœur. Quand d’un seul coup il s’arrête on ne sait pas pourquoi, pourquoi là, maintenant !

    Et au même titre que je sais que mon cœur peut désormais s’arrêter, comme ça, du jour au lentement, je sais que la mort peu jouer aux sirènes et m’emporter dans sa douce mélodie !

    2 fois, à 14 ans, j’ai tenté de la rejoindre.

    Ces 2 fois furent calmes et paisibles.

    Elles furent comme une délivrance.

    Plus rien, ni personne ne comptait. Seule la paix retrouvée et l’acte que l’on doit accomplir existe.

    Ce qui est encore étrange pour moi, à l’heure d’aujourd’hui, c’est le pourquoi je suis toujours en vie.

    Même si un « heureux( ?) » concours de circonstance m’a faite être repêchée, jamais selon les médecins je n’aurais du en réchapper. C’est incompréhensible que j’aie pu vivre !!?

     

     

    Donc bilan de cette boite de Pandore :

    Une vie belle, et tranquille, enfin !

    Un petit corps qui a retrouvé certains de ces petits égarés dans l’enfance.

    Quelques bosses nivelées et tôles détordues

    ET

    Un cœur malade au sens propre comme figuré

    Une envie forte de me mettre une balle justement là où ça fait mal !

     

    Mais pourquoi la boite de Pandore a-t-elle était ouverte ?

    Parce que c’était elle, parce que c’était moi ?

    Je n’ai pas d’autre réponse à donner pour l’instant…

     

    Mais pourquoi mon cœur a-t’il volé en éclat ?

    Peut-être un coup de trop, après une vie où il avait été piétiné si souvent mais jamais aimé.

    Peut-être avait’ il trop vibré juste avant, et tel le verre qui passe subitement du bouillant de l’eau à la glace, se brise.

     

    Mais pourquoi la mort rode ?

    Car parfois elle devient le seul allié susceptible d’apaiser votre douleur

    Car l’esprit est perdu et ne contient plus la douleur sur le chemin de l’espoir.

     

     

    Aujourd’hui, j’aimerais qu’Il referme cette boite de Pandore, moi je n’y suis pas arrivée. Et il est temps qu’elle cesse de se déverser….

    Le bien que j’en ai retiré ne suffit plus ou pas au mal qui se déverse chaque jour dans mon cœur.

    Cette boite finit par lui nuire également et nous divise depuis le début !

    Je ne veux plus que qui que ce soit souffre, cela me blesse que trop moi qui est si mal déjà….

     

    Comment cesser d’avoir mal ? Comment cesser de faire mal ? Comment fermer la boite ?

    Peut'être dois-je fuire Pandore tant qu'il ne saura fermer sa boite?...............